Les personnages
Roland, dit « Cœur de Lion »Âgé de treize ans au début de ses aventures, il est le fils de l’aubergiste de Tewkesbury, petit village du royaume d’Angleterre. Frustré par une vie sans relief qui le condamne à prendre la succession paternelle, Roland rêve d’aventure et de grands espaces. Sa rencontre avec Corwyn, Haut-Conteur légendaire, va bouleverser l’existence terne du jeune homme. À l’issue du sauvetage du vieux héros, Roland devient lui-même un Conteur. Devenu élève de Mathilde, il va s’aguerrir peu à peu, et apprendre à maîtriser la Voix des Rois. Intelligent et nanti d’une bonne culture générale, il manque néanmoins d’assurance, et se trouver confronté à des individus brillants comme les capes pourpres le complexe, surtout au début de son initiation. Pourtant, en quittant ses parents, ses deux sœurs et ses amis un jour de l’hiver 1190, Roland s’engage sur la voie qu’il sentait sienne depuis toujours. Rapidement confirmé comme Haut-Conteur à part entière, l’adolescent va se confronter à bien des énigmes et périls surnaturels. Et plus encore, Roland va découvrir que certaines pages essentielles du Livre des Peurs lui promettent un avenir merveilleux autant que terrible.
Mathilde, dite « la Patiente ».Issue d’une noble lignée normande qu’elle a reniée depuis longtemps, Mathilde fut l’élève de Corwynn, avant de devenir elle-même une Haut-Conteuse parmi les plus célèbres. Dans un siècle où l’oppression de la féminité est de rigueur, cette jeune femme de vingt-cinq ans fait figure d’héroïne exceptionnelle, de par sa liberté d’action et son indépendance. Intègre et très humaine sous des dehors souvent rudes ou ironiques, Mathilde est consciente d’avoir déniché en Roland un élève au potentiel hors du commun. Avant sa rencontre avec le jeune garçon, la Patiente courait les routes du monde, prise par sa curiosité naturelle et la quête du Livre des Peurs. Désormais, elle s’attelle à transmettre son savoir à son protégé, tout en participant très activement aux aventures de ce dernier. Jamais dépourvue de ses armes fétiche, de meurtrières plumes d’acier, Mathilde est une combattante redoutable, bien que ses quelques quarante-cinq kilos ne puissent le laisser supposer. En outre, son instinct quasi-infaillible, son sens de l’observation et son esprit de déduction font d’elle une enquêtrice hors-pair.
Lothar, dit « Mots-Dorés »C’est le rival et l’ennemi juré des Haut-Conteurs. À l’origine élève de William le Ténébreux, Lothar céda un jour aux côtés sombres de sa nature. Après avoir assassiné deux Conteurs, Mots-Dorés s’empara de pages du Livre des Peurs, puis disparut dans la nature. Le Collège des sages lança l’élite des capes pourpres à la poursuite du félon. Mais seul l’Insondable retrouva la piste de Lothar, sans parvenir à arrêter celui-ci. Aujourd’hui encore insaisissable et marqué du sceau de l’infamie, Mots-Dorés manœuvre et complote dans l’ombre, à l’affut d’un coup à porter à l’Ordre Pourpre que son obsession totale pour la possession du Livre désigne comme adversaire mortel. Très intelligent, Mots-Dorés est aussi expert en déguisement et filature. Dans les mois suivants son crime, il créa les Noirs Parleurs, destinés à contrebalancer l’influence et l’action des Haut-Conteurs. Cet ordre, dont il reste le maître absolu, est composé d’hommes de pouvoir résidant dans tous les royaumes d’Europe. Doté de mains énormes et d’une grande science du combat, Mots-Dorés préfère néanmoins éviter de s’exposer. Il a donc en général recours, pour les tâches guerrières, à des tueurs professionnels.
Le Livre des PeursC’est l’objet mystique placé au cœur de la quête des Haut-Conteurs et des Noirs Parleurs de Lothar Mots-Dorés, sans parler de quelques illuminés inoffensifs. Nul ne sait qui l’a écrit, ni dans quel but. Il serait antérieur à la naissance du Christ, et comporterait six cent soixante-six pages. Le Livre renferme toutes sortes de formules étranges et de prédictions redoutables, dont plusieurs consacrées à Roland. Cet ouvrage demeure le plus grand mystère de l’humanité, et ses textes codés, opaques au premier degré, recèlent un sens caché pour qui sait les déchiffrer. La recherche des pages du Livre est motivée par différents désirs : connaître l’avenir, conquérir la vie éternelle, s’approprier la connaissance suprême ou des pouvoirs défiant l’imagination. Une seule copie de l’ensemble a jamais été réalisée, au septième siècle, par des moines qui se sont ensuite consacrés à faire disparaître leur œuvre et le Livre original. Plus tard, quelques pages furent retrouvées dans les Alpes, et à Gibraltar. C’est depuis que, comme d’autres ont cherché le Graal, les Conteurs parcourent les routes des royaumes d’Europe, tentant de réunir la totalité du Livre avant leur ennemi juré Lothar.
Corwyn, dit « le Flamboyant »Haut-Conteur d’exception et membre du Collège des sages, Corwyn était considéré par ses pairs comme un infatigable aventurier. Jusqu’à la tragédie de Tewkesbury, où, secouru par Roland, il se retrouva finalement frappé de cécité. Depuis lors, bien que recouvrant peu à peu la vue, il demeure cloitré dans le manoir londonien de l’Ordre Pourpre. Corwyn fut le professeur de Mathilde, mais aux yeux de cette dernière, il représente plus encore que cela. La jeune femme le considère comme son père spirituel, à la fois guide et magicien. Prise en charge dès sa petite enfance par le Flamboyant, Mathilde a d’abord côtoyé Corwyn à Londres, avant de le suivre en Saxe à l’adolescence, puis, jeune adulte, à Bagdad. Un périple long de plusieurs années qui a noué des liens indestructibles entre eux. D’une nature très méfiante, la Patiente reconnaît en Corwyn la seule personne au monde à qui elle peut pleinement se confier. Désormais amoindri et reclus, le Flamboyant se limite à dispenser ses conseils avisés et à faire partager son immense expérience.
L’Ordre Pourpre. Cette caste fondée sous la Rome antique est celle des Haut-Conteurs, aventuriers mi-troubadours, mi-enquêteurs. Parcourant les royaumes d’Europe à la recherche d’histoires oubliées ou de pages du Livre des Peurs, les Conteurs payent l’hospitalité accordée par des récits régalant leur auditoire. Ils détiennent un pouvoir particulier, celui de la « Voix des rois », qui rend leurs contes envoutants et fascinants. Venus de tous horizons, les Haut-Conteurs sont identifiables à la cape pourpre qu’ils arborent, signe d’appartenance à leur ordre. Ce dernier est dirigé par le Collège des sages, instance dans laquelle siègent les plus anciens et prestigieux Conteurs, tels Corwyn le Flamboyant et William le Ténébreux. La confrérie possède un grand manoir dans chaque ville importante d’Europe, mais son sanctuaire le plus secret est un refuge au cœur des Alpes. Dans cet endroit mythique, inaccessible au commun des mortels, se trouvent toutes les connaissances accumulées au fil des siècles par la caste. C’est également en ce lieu que les Haut-Conteurs usés par le temps peuvent terminer leur existence, dans la paix de l’âme et le repos du corps.
Ruppert, dit « l’Archiviste »Il est la mémoire vivante de l’Ordre Pourpre. Toujours prêt à s’enthousiasmer pour une discussion savante, Ruppert fait pâlir de jalousie bon nombre de ses pairs. Mathématiques, philosophie, astronomie, Histoire, sciences mystiques ou guérisseuses… L’Archiviste conserve dans son esprit des milliers de connaissances accumulées par les capes pourpres au cours des siècles passés. Bien plus précieux qu’un parchemin qui peut se perdre ou brûler, l’érudit Conteur demeure donc indispensable à la caste. Grand compagnon de Corwyn, William et Mathilde, Ruppert adopte rapidement Roland, qu’il rencontre par le biais de la Patiente. Cette sympathie est réciproque, mais le jeune garçon se sent parfois amoindri devant ce monstre de savoir qui le renvoie aux limites de sa propre instruction. Maître intellectuel respecté de tous, l’Archiviste éprouve pourtant un regret lancinant : il souffre en secret de ne pas être fait pour l’action physique, à l’instar de Mathilde ou Roland. Dans ce monde de combats, Ruppert rêve de devenir lui aussi un guerrier héroïque.
Salim, dit « l’Insondable »Ce Haut-Conteur chevronné et solitaire a vu son destin basculer le jour de sa première confrontation avec Lothar Mots-Dorés. Au terme d’une lutte sans merci, le renégat trancha la langue de Salim. Pour un Haut-Conteur, la plus grande des peurs reste de se voir privé de la parole, et Lothar savait très bien qu’il condamnait son ennemi au pire sort envisageable. Désormais muet à jamais, Salim revint parmi ses compagnons, avant d’entreprendre de nouveaux voyages. Soucieux de ne pas se séparer d’un tel guerrier, l’Ordre Pourpre le conserva en son sein, malgré ce terrible handicap. En effet, Salim est un maître d’armes d’une rare envergure. Expert en lancer de couteau, maniement de l’épée, de la pique et du fléau, l’Insondable éprouve toutefois une préférence pour la hachette qu’il porte en permanence, et qu’il utilise aussi bien en combat rapproché qu’en arme de jet. Doté d’une profonde sensibilité sous sa rude apparence, Salim partagera à plusieurs reprises les aventures de Roland avec qui il deviendra rapidement ami, enseignant au jeune homme une partie de son savoir.
Vlad, dit « le Roi Vampire »Également surnommé « Le Prince Nécrose » ou « Le Grand Cramoisi », âgé de mille ans, Vlad est une créature infernale, la première de celles que devra affronter Roland. Lui et ses semblables sont souvent appelés « upyrs » par les hommes. Le premier contact de Vlad avec l’Ordre Pourpre remonte à l’an 1066, lorsqu’il croise le chemin de William le Ténébreux. Les origines de Vlad demeurent floues, mais il se fait connaître en détrônant le vieux maître upyr Daga Wulf, durant l’antiquité égyptienne. Déterminé à dominer le monde afin d’assurer la pérennité de son espèce, le Roi Vampire s’alliera un temps à Lothar Mots-Dorés, pensant que la conquête du Livre des Peurs peut l’aider. À l’hiver 1190, Roland deviendra son ennemi le plus redoutable, tel que le Livre l’avait prédit, des siècles auparavant. Comme tous les vampires, Vlad possède la faculté de se changer en brume, et peut prendre la forme de son animal totem, un énorme loup noir. Il est nanti d’une force surhumaine et règne en maître absolu sur tous ses vassaux, désignés comme « Grands vampires ». Vlad se trouve souvent accompagné de goules, ses esclaves humains mangeurs de chair morte.
